Retard a l’insulinothérapie chez les diabétiques de type 2
Mots-clés :
Diabète type 2, retard à l'insulinothérapie, inertie thérapeutiqueRésumé
Le diabète de type 2 est une maladie évolutive. L’insuline figure précocement dans l’algorithme d’intensification thérapeutique, mais reste prescrite en dernier recours. Ce retard est fréquent mais sa durée a été peu étudiée dans la population tunisienne. Il s’agissait d’une étude rétrospective, transversale portant sur 140 patients. Ont été inclus les diabétiques de type 2 sous antidiabétiques oraux dont au minimum un sulfamide à dose optimale, hospitalisés pour insulinothérapie pendant la période allant du 1er Janvier 2014 au 31 Décembre 2015. Le retard à l’insulinothérapie a été défini par la succession de deux valeurs d’HbA1c ?8% à au moins 3 mois d’intervalle. Sa durée, en mois, calculée chez 90 patients, correspond à celle écoulée entre T0 où l’HbA1c ? 8% et l’instant T1 à l’initiation de l’insuline.
Notre Population comportait 74 femmes et 66 hommes avec un âge moyen de 58,2±11,7ans. L’hypertension et la dyslipidémie concernaient respectivement 53,6% et 62,2% des patients. À l’initiation, l’ancienneté moyenne du diabète était de 10,3±6,1an; la glycémie à jeun et l’HbA1c moyennes étaient respectivement de 11,9±3,6mmol/l et 11,3±2%. Le retard à l’insulinothérapie concernait tous les patients. Sa durée moyenne était de 39±29 mois avec des extrêmes de 6 mois à 10 ans. L’HbA1c moyenne a significativement augmenté passant de 10±1,5% à 11,2±2% (p<10-3). Un passage au-delà de trois ans était associé à l’ancienneté du diabète (p=0,03) et à la dyslipidémie (p=0,04). L’insulinothérapie est tardive même en centre spécialisé. Cette inertie thérapeutique est universelle. Ses causes devraient être mieux étudiées pour être mieux maitrisées.