Les arrêts cardiaques d’origine toxique : Fréquence et pronostic
Mots-clés :
arrêt cardiaque, toxique, épidémiologie, pronosticRésumé
Introduction
L'arrêt cardiaque (AC) a de nombreuses étiologies et constituent un problème de santé publique, avec une issue fatale dans 90-95% des cas. Les arrêts cardiaques d'origine toxique (ACOT) sont peu décrits dans la littérature et les données nationales sont rares.
Objectifs
Déterminer la fréquence des ACOT dans un centre de référence en toxicologie en Tunisie et en évaluer le pronostic à court terme, et décrire ses aspects cliniques et thérapeutiques.
Méthodes
Le recueil des données était rétrospectif sur une période de huit ans. Ont été inclus les patients admis pour réanimation post-AC avec une origine toxique fortement suspectée ou confirmée. Les données cliniques et toxicologiques ont été enregistrées.
Résultats
Le nombre d'ACOT était de 21, ce qui a représenté 48.8% des AC. Un agent toxique unique a été incriminé dans 90% des cas. Les principaux toxiques identifiés étaient les pesticides et les bétabloquants : le chloralose (n=6), les carbamates inhibiteurs de l'acétylcholinestérase (n=5), l'acébutolol (n=4) et les esters d'organophosphorés (n=2). Un cas d'intoxications aux opiacés et à la cocaïne a été noté.
La durée médiane du "no flow" était de 0 minute. La durée moyenne du "low flow" était de 13,74±9,15 minutes. Un rythme choquable a été noté, seulement, chez trois patients. La mortalité était de 76% (16/21). Quatre parmi les cinq survivants avaient un Cerebral Performnace Category Scale (CPC) à 1, un seul patient a survécu avec un CPC 3.
Les facteurs liés à la mortalité, était la durée du "low flow" (p à 0,02) et le score APACHE II (p=0,014). Seul un score APACHE II ≥ 29 était un facteur indépendant prédictif de mortalité dans les ACOT (OR=2.0, IC 95% [1.07;3.71]).
Conclusion
Les agents des ACOT les plus fréquents étaient les pesticides. La mortalité était élevée et prédite par le score APACHEII.