Dépistage de la dépression en première ligne par l’échelle PHQ-9
Mots-clés :
dépression, dépistage, prévalence, comorbiditéRésumé
Introduction : La dépression est une affection potentiellement curable qui constitue de nos jours un important problème de santé publique dans le monde. Facilement accessible et moins stigmatisé que le psychiatre dans l’esprit des patients, le médecin généraliste de première ligne a un rôle essentiel dans le dépistage et la prise en charge de la dépression.
Méthodes : Notre enquête était une étude transversale descriptive et analytique qui a porté sur 1000 patients âgés de 18 ans et plus consultant dans dix centres de santé de base des circonscriptions de Tunis, Ariana, Mannouba et Beja. Elle s’est déroulée durant une période de six jours successifs du 8 au 13 avril 2012. Le dépistage de la dépression s’est fait à l’aide de l’échelle PHQ-9.
Résultats : L’échantillon était formé de 1000 patients. Le sexe féminin était prédominant (66%). L’âge moyen était de 42,4 ans avec des extrêmes allant de 18 à 89 ans. La majorité des patients (80,1%) vivait en milieu urbain. La prévalence de l’épisode dépressif majeur était de 12,1%. Elle était plus élevée chez les femmes (13,5%) en comparaison avec les hommes (9,3%) avec un odds- ratio de 1,5. Un pic de prévalence de l’EDM (19%) a été noté dans la tranche d’âge des 45-54 ans.
Les signes cliniques les plus retrouvés dans notre population étaient les troubles du sommeil (29,7%) et les idées suicidaires (28,4%). Parmi les sujets déprimés, seulement 11 étaient suivis pour dépression. L’épisode dépressif majeur était associé aux maladies chroniques comorbides (p<0,001), au diabète (p=0,043, OR=2,1), aux maladies musculo-squelettiques (p=0,028, R=2,1) et aux maladies pneumologiques (p=0,001, OR=5,5). Le fait d’avoir une affection médicale comorbide multipliait le risque d’avoir un EDM par 2,2. Ce risque s’élevait à 3,2 pour deux affections médicales comorbides ou plus.
Conclusion : La dépression est une affection fréquemment retrouvée en soins primaires mais reste à nos jours largement sous diagnostiquée. Les patients atteints de maladies chroniques sont particulièrement vulnérables. Des stratégies portant sur les différents niveaux d’intervention politiques, communautaires et de santé devraient être instaurées et appliquées en vue d’améliorer le dépistage et la prise en charge de la dépression en première ligne.